Le beau cheminement du Zèbring Out

par

L’acceptation de la différence

De tous temps, à tous niveaux et à tous sujets, la différence entre individus s’est souvent révélée être une source de tensions, voire de conflits. Accepter que l’autre ne soit pas, voire même ne pense pas de la même manière que soi, semble être, assez curieusement, plutôt compliqué pour la nature humaine…

Pourtant source de grande richesse, la différence offre de vastes possibilités de variations, mélanges et autres combinaisons, ouvrant ainsi une voie magistrale vers de nouveaux et vastes horizons.

Au niveau des relations humaines, encore faut-il que celles et ceux qui se sentent différents parviennent à l’accepter, et osent le communiquer…

L’écoute de l’intuition

Ecouter son intuition

Se connaître, s’accepter, avoir confiance en soi : autant d’éléments qui forgent sa propre personnalité. Mais jusqu’à quel point sommes-nous réellement capables d’écouter notre intuition ?

Pourtant, cette caractéristique bien particulière dont chaque individu est – plus ou moins – pourvu offre de belles possibilités dans la gestion de sa vie quotidienne. Mieux encore : certaines décisions réellement stratégiques peuvent trouver leur origine par ce biais encore trop méconnu, et pour le moins inexploité.

La prise de conscience et/ou de connaissance de sa propre douance est un premier cap, d’ailleurs souvent révélateur. Le communiquer autour de soi en est un autre…

Parfois, la personne ainsi détectée à Haut Potentiel éprouvera en effet un besoin – latent ou au contraire, nettement plus prononcé – de communiquer cette “zèbritude” autour d’elle.

Ce besoin peut apparaître plus ou moins rapidement, dont par le biais de signes plutôt révélateurs, liés à l’intuition.

En effet, lorsque certaines sensations de mal-être – dont en société – atteignent leur paroxysme, c’est qu’il est temps.

Lorsque la lente mais inexorable saturation d’un faux-self adopté en quasi-permanence atteint manifestement des sommets, c’est qu’il est temps.

Lorsque les relations avec les autres se complexifient de plus en plus et que l’isolement est sans cesse grandissant, c’est qu’il est temps.

En clair, lorsque la petite voix intérieure dit qu’il est temps, … c’est qu’il est temps !

Je suis prêt(e) !

La première étape, essentielle à sa potentielle démarche, est de reconnaître, d’admettre et d’assumer son propre Haut Potentiel. En ce sens, peut-être conviendra-t-il de travailler en amont sur sa confiance en soi, ainsi que sur l’estime de soi-même, deux “outils” indispensables sur lesquels s’appuyer en permanence.

L’objectif est de s’assurer que l’on est prêt(e), fermement ancrée(e) sur ses bases, et sur les “starting blocks”, non pas pour le sprint, mais bien pour la course d’endurance et/ou d’obstacles ! Car oui, il y en aura… dont en faisant face aux nombreux “HP sceptiques“…

Test : nécessaire ?

Tant le fait de passer un test d’intelligence que d’en communiquer le résultat autour de soi sont des décisions on ne peut plus intimes. La décision finale relève donc d’un choix purement personnel.

Parfois, cette démarche peut s’avérer utile, dont pour détecter certaines autres particularités liées à des modes de fonctionnement différents (Asperger, TDA/H, bipolarité, …).

Passer un test

Il s’agira alors d’encore mieux comprendre certains aspects de sa propre personnalité, en découvrant peut-être des caractéristiques liées à soi encore méconnues, potentiellement masquées jusqu’alors par sa propre intelligence (dont de situation).

Le zèbring out : oui… mais pourquoi ?

Interrogation

Afin de bien asseoir sa démarche, et de finalement choisir – ou pas ! – de communiquer sa zèbritude autour de soi, il importe de se poser une question essentielle : “J’avance dans cette voie… oui… ; mais je le fais pour qui ??”.

Deux options : le faire pour soi ou le faire pour les autres (ou les deux !). 

Maîtriser le – bien trop fréquent ! – sentiment d’imposture, atténuer sa propre culpabilité, étouffer ses peurs, tempérer ses excès, … : autant de points qui peuvent effectivement connaître certaines voies de sensibles améliorations lorsque l’on s’ouvre davantage vers son entourage, en lui communiquant sa douance. Il s’agit aussi de, potentiellement, se sentir globalement mieux, rassuré(e) et/ou plus à l’aise “en société”, en améliorant de facto sa relation avec les autres.

Chacune et chacun peut aussi ressentir une réelle volonté d’évoluer, que ce soit personnellement ou professionnellement, tout en quittant définitivement cette désagréable sensation de perpétuelle stagnation.

D’autres raisons, moins orientées vers soi, peuvent aussi motiver à se révéler aux autres. L’espoir se placera alors toujours dans une potentielle meilleure intégration au sein de
Groupe d'amis
groupes, mais davantage liée ici au fait que ce sont alors ses propres membres qui, désormais avertis, s’adapteront peut-être à cette nouvelle donne.

Ces améliorations seront alors aisément constatées au sein même de la famille, en entreprise, ou même au sein d’équipes de sport ou d’autres activités diverses.

L’heure des choix

Au-delà de “à qui”, se posent alors trois autres questions:

QUAND ?

COMMENT ?

QUOI ?

Globalement, la réponse est identique pour chacune des questions posées : liberté ! Une fois encore, chacune et chacun se doit de se sentir effectivement libre de communiquer et de s’ouvrir vers l’extérieur comme elle ou il le souhaite.

A noter que la démarche est forcément très personnelle, et ne peut bien entendu que très difficilement se standardiser.

Bruits de couloir

Le choix du moment dépendra globalement des relations entretenues avec la ou les personne(s) destinataires du fameux message à communiquer.

Méfiance, toutefois, des célèbres “bruits de couloir” alors que, une fois l’information “lâchée” à un endroit, elle circulera sans aucun doute comme une trainée de poudre vers d’autres cercles de connaissance. La perte de contrôle sera évidente, avec toutes les conséquences que cela implique…

Comment s’y prendre ?

S’il n’existe aucune recette miracle, il convient toutefois de conserver à l’esprit deux éléments principaux pour assurer sa démarche.

D’une part, il importe de se donner le temps nécessaire, non seulement à la réflexion, mais aussi, à sa propre préparation et à la démarche proprement dite. Sauf situation réellement exceptionnelle, rien ne presse !

D’autre part, tout comme pour toute mise en œuvre, se sentir prêt à passer le cap passe indéniablement par le fait de disposer des ressources nécessaires. Etre préparé psychologiquement (et peut-être même, physiquement !) est essentiel ; à défaut, le retour de flamme risque d’être plutôt désagréable…

Autre élément important à ce niveau : le message à transmettre qui, potentiellement, peut être mal interprété. En effet, base de la communication en général, ce dernier risque d’être biaisé par un ensemble de parasites, avec pour finalité, une interprétation peu concluante par le récepteur… . Ainsi, le simple “Je suis HP…” initialement émis peut facilement se transformer en un “Tu es plus intelligent que moi !” finalement reçu.

Yes or no

Quant au “quoi”, il s’agit ici de s’interroger sur ce qu’il convient effectivement de communiquer, tant dans un objectif d’efficacité que d’équilibre.

Une fois encore, en fonction de ses spécificités personnelles, chacune et chacun optera pour la mise en avant de sa propre hypersensibilité, de sa soif de savoirs, de son empathie ou de sa résilience, ou encore, de son perpétuel sentiment de décalage, de son perfectionnisme ou de son besoin de reconnaissance.

La particularité de la sphère professionnelle

Si, par définition, l’environnement personnel se devrait d’être sans doute plus réceptif à l’annonce du zèbring out d’un proche, la sphère professionnelle sera quant à elle sans doute plus délicate à aborder.

Chronologiquement, la phase liée à la procédure de recrutement est la première à se présenter. Une certaine transparence sera ici sans doute plus porteuse, tant au niveau professionnel (meilleure intégration dès le début de la collaboration) que personnel (faux-self d’emblée écarté).

Si la découverte de sa propre douance s’opère alors que l’on est déjà en fonction, se pose alors la question de partager l’information, à la fois avec ses collègues, mais aussi avec ses supérieurs.

Là aussi, il n’existe aucune règle ni recette miracle. Globalement, le niveau de recevabilité de ou des interlocuteurs se devra d’être évaluée en priorité. De même, chaque conséquence potentielle liée directement ou indirectement à cette révélation, à tous niveaux, devra être identifiée.

Entretien d'embauche

Quoi qu’il en soit, l’important est de clarifier ses propres objectifs. Ainsi, en éclaircissant certaines attitudes usuellement adoptées, s’agit-il peut-être de viser une meilleure intégration au sein du groupe ? Ou nourrit-on par-là l’espoir d’un dénouement d’une situation précaire ? Voire même, par la clarification – ou mise en avant – de certaines de ses aptitudes, visons-nous une potentielle évolution au sein même de l’organisation ?

Dernier cas de figure : l’inadéquation manifeste constatée entre son propre mode de fonctionnement et le système organisationnel ou RH existant, avec pour conséquence, une puissante volonté de quitter son emploi, et de choisir de n’évoluer désormais que dans une entreprise ouverte à la neurodiversité

La puissance des mots

Le cas échéant, vient alors le choix de l’appellation du “phénomène”. Ainsi, comment choisira-t-on de se nommer ? Surdoué ? HP ? Zèbre ? Sur-efficient ?

Mots

Les mots sont réellement importants, dans la mesure où ils constituent une certaine assise, mais aussi – et peut-être même surtout ! – la véritable concrétisation des pensées dans ce qui est réellement considéré.

Ce constat mènera alors forcément le récepteur de l’information à réagir, dont en fonction de ses propres affinités.

Quoi qu’il en soit, et une fois de plus, l’essentiel est de se sentir “à l’aise” avec ladite appellation finalement choisie, tout en disposant de son propre argumentaire pour, le cas échéant, être amené(e) à la défendre – ce qui, contre toute attente, arrivera à de nombreuses reprises… !

Anticiper la métamorphose

Attention ! Choisir d’avancer et de faire son fameux “zèbring out” implique une réalité : il y aura un avant, … et un après !

De toute évidence, dès le cap franchi, les choses ne sont plus identiques, ni pour soi, ni pour ou même envers les autres.

Oser le lâcher-prise

Souvent, la crainte latente – et parfois inconsciente – de ne jamais s’autoriser à vivre pleinement, ni à être vraiment soi, annihile toute volonté d’aller de l’avant.

Regard des autres

Cette peur peut aussi provenir du regard de l’autre et de l’impression d’être jugé(e), en étant finalement – et injustement – considéré(e) comme une personne prétentieuse.

S’éloigner de ces sentiments presque nauséabonds passe par un nécessaire lâcher prise par rapport à l’environnement. Et pour ce faire, il convient dès lors…

… d’anticiper les réactions !

Et celles-ci peuvent être diverses et variées :

  • Indifférence : “Et alors ? Ça change quoi ?”
  • Incompréhension : “Qu’est-ce que c’est que ce truc ?”
  • Déni : “Avec quoi tu viens ? Ça n’existe pas, ton machin, là… !”
  • Moqueries, railleries : “Chouette ! Nous avons un Einstein parmi nous !!”
  • Surprise : “T’es sérieux, là ? Jamais j’aurais pensé ça de toi…”
  • Rejet : “Eh oh ! Retourne dans ton monde… et, surtout, restes-y !”
  • Mimétisme : “Incroyable ! Figure-toi que moi aussi, je suis doué !”
  • Banalisation : “Mouais… tu sais, y’a plein de gens soi-disant HP…”
  • Culpabilité – surtout des parents ou des proches : “Mais quelle horreur !! Comment ai-je pu passer à côté de ça, et ne rien voir ?”
  • Ouverture et bienveillance : “Alors ça, c’est génial ! La vie s’ouvre à toi !”
  • Compassion : “Ouh là… Si je peux faire quelque chose pour toi, n’hésite surtout pas…”
  • Rapprochement : “J’ai toujours senti qu’on était pareils…”

Quid de la suite ?

Est-ce que je voudrais que cela change quelque chose ? Ou, au contraire, pas du tout ?

Telles sont des questions qu’il importe réellement de se poser afin d’anticiper un avenir quelque peu plus serein.

Car, à défaut, l’effet boomerang risque d’être plutôt surprenant, voire violent à expérimenter.

En effet, la joie à court terme quant au constat de l’effet libérateur lié à l’annonce risque d’être rapidement contrée par le potentiel coup de massue reçu à moyen ou long terme par le biais de l’éloignement – voire le rejet ! – de certains membres de l’entourage, même proche !

L’important sera alors d’accepter que certaines connaissances s’éloignent, tout en en accueillant de nouvelles.

Coup de massue

Autre impératif : décider de désormais fermement repousser les relations toxiques, et de privilégier celles qui semblent plus justes, et au sein desquelles règnent tant la bienveillance que l’empathie.

Quoi qu’il en soit, il sera sage d’anticiper l’incontournable ajustement général des relations avec les autres. L’objectif sera alors d’être compris(e) par celles et ceux qui comptent vraiment.

Quant aux autres……..

Vers une nouvelle vie

Faire son “zèbring out” apporte indéniablement davantage de clairvoyance, et d’alignement avec soi-même. Il en découle une certaine sérénité, mais aussi, une meilleure confiance en soi.

Liberté

Presque naturellement, celles et ceux qui ont passé le cap voient alors souvent se dérouler devant eux un véritable tapis rouge vers une nouvelle vie, que ce soit au niveau professionnel, personnel, ou même géographique.

L’ouverture vers ce qui était jusque-là interdit est alors forcément salutaire…

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Pour compléter votre lecture, lisez aussi l’article “Réussir son Zebring Out via 10 trucs et astuces”

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