Syndrome de l’imposteur : ce véritable ennemi…

par

“Pourquoi moi ?”

Une promotion… ? Un cadeau… ? Un compliment… ?

Première réaction : “Pourquoi moi ? Je ne le mérite tellement pas…”.

Percluse à l’idée qu’elle ne dispose ni des qualités, et encore moins des compétences, pour recevoir ce qu’on lui offre pourtant spontanément, la personne concernée doute, doute, et doute encore.

Pourquoi moi

Publiquement, ce refus intime mène à certaines déclarations pour le moins hasardeuses et autodénigrantes : “J’ai eu de la chance !”, ou encore “Je n’y suis pour rien, c’est grâce aux autres !”.

Oreilles d'âne

Dans la foulée, apparaît alors l’autopersuasion, où l’apparente évidence de sa propre incompétence vient renforcer la crainte initiale.

Pire encore : l’autoflagellation. Il s’agit alors de se refuser certains avantages et autres conforts, en étant persuadé que ceux-ci sont forcément réservés à d’autres, alors que l’on n’en a soi-même absolument pas droit. Ou encore, l’autosabotage, qui offrira ensuite l’opportunité de pouvoir clamer haut et fort : “Je le savais… je n’avais pas les compétences !”.

S’installe enfin – souvent dans la durée – l’angoisse permanente d’être tôt ou tard démasqué, et que tout s’écroulera lorsque la “supercherie” sera découverte…

Bienvenue dans le monde du syndrome de l’imposteur…

Les différentes formes de sentiments d’imposture

Assez classiquement, le sentiment d’imposture – classifié en psychologie en tant que “distorsion cognitive” – se manifeste dans le cadre de trois situations distinctes :

  • La personne ne se sent pas à sa place dans un groupe car elle pense ne pas mériter pas la simple acceptation des autres
  • La personne estime qu’elle ne mérite pas les éloges liés à l’une de ses créations, qu’elle considère d’ailleurs parfois comme ayant été trop aisée à réaliser
  • La personne considère qu’elle ne mérite pas ce qu’elle s’octroie

La notion de “mérite” se trouve donc bel et bien au centre du phénomène. Il s’agit alors pour l’individu concerné de considérer qu’il n’est pas digne de recevoir une récompense (directe ou indirecte), nourrissant alors souvent un manque d’estime de lui-même.

Origine du phénomène, dont chez le Haut Potentiel

L’aisance avec laquelle l’individu HP réalise certaines tâches ou autres missions, parfois complexes, masque forcément dans son esprit leur potentielle difficulté (pourtant souvent évidente, et parfois même reconnue). Dès lors, son propre jugement quant à leur réalisation ainsi qu’au résultat obtenu – quand bien même celui-ci est excellent – le pousse aisément à considérer qu’il n’a en fait aucun mérite.

Au-delà d’une profonde atteinte au niveau de sa confiance en lui, c’est bien inconsciemment et involontairement que l’individu en question crée déjà là un terrain particulièrement propice au développement de son sentiment d’imposture en devenir…

Non

De surcroît, lorsque les personnes de l’entourage interviennent, le phénomène peut aisément prendre de l’ampleur. Deux cas de figure peuvent alors se présenter :

  • Les compliments pleuvent ; l’individu peine à admettre ces éloges ; son sentiment d’imposture se renforce.
  • Sans doute alimentées par une certaine forme de jalousie, les moqueries pleuvent ; l’individu perd confiance en lui et considère qu’il n’a pas sa place dans le groupe.

Le piège du curseur d’exigence des réalisations

Echelle

Chacune et chacun dispose de son propre niveau d’exigence par rapport à ses propres réalisations.

Celles et ceux qui acceptent un résultat globalement mitigé seront forcément plus rapidement satisfaits de ce qu’ils auront réalisé. A l’inverse, les personnes soucieuses du détail, et plus adeptes d’un certain perfectionnisme, ne cesseront de soulever les imperfections de ce qu’ils auront elles-mêmes produit.

A nouveau, et au-delà d’une atteinte – souvent profonde – en leur confiance en elles, ces personnes ne parviendront alors pas à réaliser que leur propre curseur d’exigence est finalement extrêmement subjectif.

Ainsi biaisée, leur intégration au sein d’un groupe s’en retrouve souvent complexifiée, alors qu’elles passent par un réel sentiment d’imposture copieusement nourri par cette sensation d’inadéquation de leurs réalisations par rapport à celles des autres.

Fausse solution : le faux-self

Elles-mêmes victimes de ce trouble, les personnes sujettes à ces sentiments nauséabonds déploient alors des échappatoires autant contraignantes que néfastes, tant pour leur propre stabilité que dans le cadre de leurs relations avec les autres.

Il s’agit alors pour elles d’adopter une attitude complètement artificielle, très proche du permanent faux-self qui frappent souvent les HP, et qui les poussent à sans cesse prouver tant leur bonne foi que leurs – pourtant évidentes – capacités.

Elles-mêmes victimes de ce trouble, les personnes sujettes à ces sentiments nauséabonds déploient alors des échappatoires autant contraignantes que néfastes, tant pour leur propre stabilité que dans le cadre de leurs relations avec les autres.

Il s’agit alors pour elles d’adopter une attitude complètement artificielle, très proche du permanent faux-self qui frappent souvent les HP, et qui les poussent à sans cesse prouver tant leur bonne foi que leurs – pourtant évidentes – capacités.

Cette emphase de justifications, parfaitement inutiles, crée forcément un profond malaise. Surpris par certaines réactions exacerbées, l’entourage ne réagit dès lors que très peu favorablement, poussant alors encore davantage l’apparent (mais faux) imposteur dans ses propres retranchements.

Cercle vicieux garanti…

Justifications

Le double danger !

Fréquemment empli de ce sentiment d’imposture, l’individu concerné se fatigue considérablement.

La lente mais certaine détérioration de son estime en lui le mène inévitablement à un profond épuisement, voire à un incontournable burnout.

Danger

En outre, cette position de faiblesse le rend particulièrement vulnérable face aux manipulateurs, voire aux pervers narcissiques, lesquels voient alors là s’offrir gracieusement à eux d’excellentes conditions pour s’adonner à leurs multiples travers sur leur terrain de jeu favori…

Autant de raisons pour, si pas combattre le phénomène, au moins travailler sur soi pour écarter tant que faire se peut ses effets néfastes sur la vie quotidienne, dont en appliquant déjà quelques trucs et astuces spécifiques.

Retour vers la page ‘Syndrome de l’imposteur’

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En soumettant un commentaire, vous acceptez notre Politique de Confidentialité, disponible ici.

Vous souhaitez nous contacter ?

Confidentialité

5 + 13 =

Quelques articles récents, issus de différentes thématiques...