Scolarité : témoignages

Chants d'étudiants

La scolarité est un passage de vie essentiel, parfois complexe à traverser (voir à ce sujet l’article Scolarité : un long fleuve tranquile?“).

Dans la continuité d’une vidéo d’introduction sur le sujet (disponible ici), ainsi que d’un relevé de trucs et astuces très utiles, destinés à la fois aux étudiants, mais aussi à leurs parents, retrouvez ici quelques témoignages de personnes ayant souhaité s’exprimer sur le sujet.

1. Océane : le bac sans réviser :

“Quand j’étais petite, à l’école primaire, j’étais souvent dans la lune avec des résultats médiocres.

Au collège je passais mon temps à dessiner. Au lycée, je dormais beaucoup 😅😅.

Mes résultats étaient très moyens mais je pouvais avoir de très bonnes notes quand ça m’intéressait… ou alors des notes catastrophiques.

Je ne suis pas allée au delà du bac que j’ai eu tout juste sans n’avoir jamais révisé ☺️.

Voilà pourquoi je n’ai jamais pensé être surdouée. Mais je n’en suis pas encore convaincue aujourd’hui ; un test le confirmera ou pas.”

2. Leyla : de l’abandon de l’école vers l’autodidactisme :

J’aimais énormément l’ecole… enfin, je dirais plutot que j’aimais apprendre. Mais je détestais les gens et j’avais beaucoup de mal a “comprendre” certaines choses…

J’ai arrêté l’école a 13 ans, tout en continuant a apprendre seule, en autodidacte je dirais… . J’ai appris de moi-même l’espagnol, l’arabe, et même à retaper une maison seule 😂 !

Pour moi, l’école ne sert pas a grand chose, dans le sens où on nous apprend beaucoup de “par coeur” qui ne nous servira à “rien” et on ne nous apprend pas la “vie”.

J’ai arrêté l’ecole à cause des moqueries d’autres enfants ; j’en ai eu une phobie sociale très dure (ça reste en moi mais je me force).

Je pense vraiment que les écoles ne sont pas adaptées aux enfants ; et on en a la preuve avec la société actuelle… il n’y a qu’à regarder le monde 2020 et c’est assez flagrant…”

3. Marie-José : l’ennui :

“L’école? Je m’y suis ennuyée. Je trouvais certains cours inutiles, les profs tristes à mourrir.

De plus, j’ai tres mal vécu car j’étais trop atypique pour avoir des amis. C’etait un défouloir pour les autres.”

4. Cyrille : l’heureuse présence récurrente de professeurs à la hauteur !

J’ai eu de bons profs et quelques exceptionnels, un par an, et cela suffit pour acquérir beaucoup de choses.

Après, c’est clair que notre monde aime les conformistes et j’ai compris beaucoup trop tard que ma place aurait été à l’université et dans la recherche.

Notre pays continue son immense gachis en étant très cloisonné, très “héritier”, et tout cela n’a pas trop de sens.”

5. Sandra : l’école, un élément parmi d’autres :

“Un traumatisme ? Oui et non…

En fait, c’est l’éducation qui produit ce résultat. Plus précisément ce qu’on appelle les “violences éducatives ordinaires”. Elles sont insidieuses, elles font partie de notre culture, mais elles détruisent la confiance en soi, et ne révèlent pas notre meilleur potentiel.

On est dans une société violente. Différemment violente qu’il y a un siècle mais violente.

L’école n’est qu’une pièce du puzzle. Et tout dépend des gens rencontrés dans ta vie : il y a des profs géniaux et d’autres catastrophiques.”

6. Shannon : un système “mal fait” :

J’ai commencé des études d’institutrice primaire après avoir fait une qualification d’éducatrice…

Et je me retrouve mal à l’aise lors du cours de pédagogie : je dois aussi apprendre à répondre et expliquer l’injustice causée : “Pourquoi si j’étudie plus que mon voisin, mon voisin a des meilleurs résultats que moi ?”. Ma réponse, c’est qu’on n’utilise que deux formes d’apprentissages sur huit et que l’enseignement est mauvais. Mais évidemment, ce n’est pas la réponse à donner à la prof de pédagogie!

Le système est et restera mal fait encore quelques années.

C’est en outre difficile pour moi d’apprendre quelque chose d’erroné.”

7. Sébastien : isolé, mais performant !

“J’ai 28 ans. Parcours scientifique et maintenant ingénieur dans le biomédical (10 années post bac, aucun redoublement).

Pas de dispositions particulières, pas de parents (au sens large) ayant fait des études supérieures. Des facilités de la primaire jusqu’au début lycée, que j’impute à une certaine curiosité intrinsèque.

Arrivée en première dans une classe “élite” (reliquat d’une ère obsolète entretenue par les différents proviseurs), j’étais un peu moins bon par simple manque d’intérêt pour des matières bien trop théoriques, à quoi s’additionne des professeurs ne s’impliquant que pour les élèves se destinant à des classes préparatoires prestigieuses.

La terminale est compliquée, bien que mon niveau soit correct, mes résultats jugés trop faibles pour une classe préparatoire par mes professeurs qui me poussent alors à envisager un autre parcours.

Peu d’intérêt dans la première année de supérieur, je sens que je ne suis pas à ma place.

Finalement je prends (contre l’avis de tous) le chemin que j’avais choisi initialement. Je me sens comme un poisson dans l’eau, j’adore apprendre, j’en veux toujours plus, mes résultats sont excellents.

D’un point de vue social, l’école a souvent été ma hantise. Je suis “seul” et moqué, étant trop ceci ou trop cela, bien qu’on vienne copiner avec moi pour ce que je suis, à savoir, “l’intello” (théorie du ruissellement, si vous voyez ce que je veux dire).

Bref, le système éducatif français est vieillot et en déclin. L’apprentissage est déstructuré, obsolète. Nous n’apprenons rien de concret avant le supérieur.

Un grand regret est de ne pas avoir évolué dans un système à l’américaine dans lequel on a la possibilité de choisir ses matières, et apprendre des choses concrètes et utiles dans la vie de tous les jours, surtout sur le plan manuel car je suis une vraie quiche et ne sais rien faire de mes mains.

Notre système éducatif m’apparait comme voulant entretenir une minorité élitiste au détriment des plus faibles.”

8. Ness : la confiance en la suite :

“L’école? J’y étais comme comme un taurillon dans un box trop étroit ! J’en ai défoncé les murs. A 15 ans, la porte cède… ; enfin la liberté!

Depuis lors, dans l’arène, je réalise que j’aurais dû mieux me préparer. Pourtant, je sentais bien qu’il se tramait quelque chose qui n’allait sûrement pas me plaire. Moi qui voulais changer le monde…

Heureusement, il n’est jamais trop tard ! Et au moins, c’est sûr, ma tête ne finira pas accrochée sur un de leurs murs… ni mes rêves, d’ailleurs…”

9. Gaëtan : un polysystème où les atypiques sont laissés de côté :

“L’école est une machine qui est la composante d’un système beaucoup plus global. Elle est là pour créer de la hiérarchie (la fameuse constante macabre 1/3 de bons, 1/3 de moyen, 1/3 de mauvais, et ce quel que soit le niveau de base).

Censée être le lieu de l’égalité des chances, elle ne remplit pas son rôle. Celui des professeurs est de débiter du programme aux étudiants, et d’en faire des individus pré-formatés pour le marché du travail, surtout pas aiguisés à la réflexion et à l’esprit critique.

Pas de moyens et des classes à 30 élèves ; c’est clair, les profs nivellent par le bas, essaient de sauver ceux qui de toute façon sont déjà perdus et laissent de côté les atypiques, parce que de toute façon, rien n’existe pour qu’ils puissent s’y exprimer.

De ce système, s’en sortent ceux qui ont les moyens de mettre les enfants dans des bonnes écoles (en clair, les écoles de riches), qui peuvent payer des cours particuliers et des grandes écoles. S’en sortent les fils de profs, qui ont une bonne connaissance du système et disposent d’un bagage culturel suffisant pour donner des clés à leurs enfants. D’une façon générale, s’en sortiront ceux qui ont compris que l’éducation est loin de passer seulement par l’école.

Le reste, restera dans des écoles de prolo et finira dans des boulots d’employés et d’ouvriers. Car le rôle de l’école est bien d’oeuvrer activement à la reproduction sociale. Surtout, chacun a sa place, et tout le monde se tait. Il faut bien les faire marcher droit dès le plus jeune âge ; ça les prépare à leur vie d’adulte…”

10. Xavier : psychologiquement violent !

“Une zone de douleur à cause d’une incapacité à être comme les autres, à recevoir leurs piques et à être vu comme un original qui a des idées et des intérêts bizarres.

Une zone de peur en considérant la scolarité comme un stade où je n’avais pas le droit à l’erreur si je ne voulais pas rater ma vie, et où les moralisations des profs (justifiées car adressées à toute la classe dont beaucoup de fumistes mais sans discernement) ont développé chez moi anticipation anxieuse et anxiété de performance.

Une zone d’ennui car je n’écoutais rien et ne faisais que de la prise de notes, et où les profs se contentaient d’un travail de fonctionnaire à délivrer leur cours, sans inciter ni aider à approfondir.

Au final le tournant n’aura eu lieu que pendant les trois dernières années dans le supérieur où, après avoir donné des garanties de réussite à nos profs, on est passé du statut d’élève à trier à celui de futur ingénieur portant le titre de l’école. A ce moment là, les profs nous ont traités autrement, et nous ont permis de nous épanouir, eux-mêmes étant passionnés et intelligents.

Dans tous les cas, ça reste sur l’ensemble psychologiquement violent et ne forge pas la confiance. Heureusement que la candeur de l’enfance protège des piques.”

11. Adèle : focus sur les écoles participatives :

“J’ai la chance que ça me plaisait et de ne pas avoir eu de professeurs avec des mots déplacés.

Pour certains de mes amis, j’aurais aimé une classe plus libre, avec plus d’entraide, où le mouvement était autorisé, ce qui les aurait aidé pour apprendre. Et pas de jugement type “tu n’arriveras à rien dans la vie” 🤬🤬.

Ce qui m’a manqué personnellement, c’est un apprentissage sur comment mieux vivre ensemble. Quand on m’a dit au collège que j’aurais des cours d’éducation civique, je croyais que ça voulait dire ça… . Quelle déception quand j’ai découvert que c’etait pour apprendre le fonctionnement politique 🤦‍♀️🤦‍♀️!

Heureusement tout ça se développe mais ça reste des cas isolés. Des cours sur les émotions, comment communiquer dessus, comment les reconnaître et y réagir chez les autres… 😍

Pour moi le meilleur système d’enseignement passe par le jeu et la communication bienveillante, donc forcément, les écoles participatives. Montessori ou Freinet sont au top car ça peut convenir à tous types d’enfants. Ils peuvent tous trouver leur place et s’epanouir. Ils apprennent à se prendre en main, à faire des choix conscients. Ce ne sont pas des petits ouvriers ou soldats qui sortent de là.”

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